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KASA DE LA MUNTANYA – Interview

KASA DE LA MUNTANYA – Interview

Squat, Barcelona


Lieu historique, aux prémices du mouvement des squats à Barcelone depuis 1989, la Kasa de la Muntanya résiste encore ! En plein quartier Gràcia, le squat incarne un monde à priori révolu, en opposition totale à la saturation touristique, pourtant légion sur les hauteurs du parc Güell. Un véritable îlot pirate tenu par un collectif solide, tenace et organisé, que nous avons eu la chance de rencontrer lors de la Festa de la Primavera 2026 ! Lets go !

| Propos recueillis par Polka B. |

Pouvez-vous retracer l’histoire du bâtiment qui abrite maintenant le squat, avant 1989 ?


Comment est né le squat de Kasa de la Muntanya en 1989 ?


Pouvez-vous présenter les différentes activités du lieu ? Et les causes politiques et de solidarité que vous soutenez ?

Quel est le contexte de votre quartier ? Vous êtes sur les pentes de Gràcia, très près de l’entrée du Parc Güell, une grande attraction touristique de Barcelone. Comment le quartier a-t-il évolué au cours des trente dernières années ?

Nous ne sommes pas toustes ici depuis le début, mais les gens qui ont vu l’évolution du quartier disent que c’était complètement différent et que le niveau de tourisme était minime par rapport à aujourd’hui. C’était un quartier pauvre, avec une culture très populaire venant des bidonvilles. Les gens se dispersaient autour de ces collines. Les immigrés de différentes parties de l’Espagne s’y installaient parce que c’était à la périphérie de la ville dans les années 60. Il y a encore 20 ans, on trouvait beaucoup de bâtiments squattés dans les environs.

Maintenant, les squats sont rares et on dirait que tout le quartier est une prolongation du Parc Güell. Le parc lui-même est un symbole de ce qui se passe dans cette ville. Il y a 15 ans, il était complètement ouvert à tout le monde. Il y a 10 ans, ils ont imposé un prix pour entrer dans les plus beaux endroits. Maintenant, on ne peut plus entrer sans payer ! Bref, ils nous ont volé notre parc !

Comment les activités du squat se sont-elles développées, en marge de cette réalité marquée par le surtourisme ?

Actuellement, notre lutte principale consiste à s’opposer au tourisme. C’est quelque chose qui préoccupe tout le monde ici. Le chemin qui mène à l’entrée du Parc Güell est le plus fréquenté de Catalogne. Nous voyons constamment de nouveaux bâtiments et des magasins de souvenirs se développer. Il y a quelques années, il y a eu une révolte contre les touristes lorsque Louis Vuitton a loué tout le parc pour un événement privé destiné à des connards de riches. Nous partageons totalement ces combats.

Dans notre routine quotidienne, les touristes sont une vraie plaie. Ils essaient constamment d’entrer chez nous si quelqu’un laisse la porte ouverte juste pour quelques minutes. Et bien sûr, ils essaient d’accéder à la cour quand nous ouvrons pour un événement. Nous devons donc poster des personnes qui contrôlent les entrées en permanence. Nous nous retrouvons souvent face à des groupes de touristes qui débarquent à l’improviste dans notre jardin. C’est comme une rivière sans fin, un flux constant qui ne s’arrête jamais. Au moins, on les dérange à notre manière, comme avec ces grands graffitis qui annoncent la couleur juste devant notre porte !

Face à l’agressivité des politiques anti-squat, comment la Kasa de la Muntanya a-t-elle pu continuer ses activités ? Et exister encore aujourd’hui ?

Êtes-vous en contact avec d’autres organisations et espaces autogérés à Barcelone ? Êtes-vous en mesure de mener des actions conjointes ?

Bien sûr, nous sommes en contact étroit avec presque tous les squats de la ville et nous nous réunissons parfois pour répondre aux menaces majeures de l’agenda politique, organiser des manifestations et mener des actions. Nous participons également à différentes assemblées politiques à travers toute la ville pour impulser des luttes collectives.

Nous avons beaucoup de liens à travers toute l’Espagne et à l’international. Notre objectif est toujours de préserver notre monde menacé et de le rendre plus grand et plus fort, alors qu’ils veulent le détruire.

Comment voyez-vous l’avenir de Kasa de la Muntanya ?

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Il est très important pour nous de dire que nous restons sous la menace du gouvernement et des propriétaires. Ils ont un ordre d’expulsion valide depuis 10 ans et notre jour viendra.

Nous sommes également très préoccupés par la montée de l’extrême droite et nous sommes sûrs que cela aura un impact sur notre stabilité actuelle.

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