SHLAG DIVISION
Tekno punk rap, BZH
« Survet », « Sans débouché », « Peur Bleue », « Gestapo », « Cyborg », « KO technique »… Les bretons de Shlag Division ont enfin sorti leur 6 titres !
Un album travaillé fusionnant riff de guitare agressives, paroles frontales et production électronique dynamitée entre drum’n’bass, techno et transitions hardcore !
Toujours en spontanéité, Shlag Division est aussi le fruit d’un travail de longue haleine éprouvé sur le terrain, s’appuyant sans relâche sur l’énergie du collectif.
Rencontre dans une Bretagne isolée, glaciale, les routes coupées par les chutes de neige !
Propos recueillis par Polka B. | Photos : Paryaprod


Comment a commencé l’aventure Shlag Division ?
Nous avions un autre groupe qui a duré 10 ans, cela s’appelait « Shock ! ». Le projet a fini par s’essouffler avec le temps. Disons qu’au bout d’un moment,quand on vit constamment les uns sur les autres, les relations deviennent compliquées.
Il y a eu un petit moment de latence. Une partie d’entre nous voulait continuer, mais on ne se voyait pas garder le même nom. On a donc décidé de monter un nouveau groupe et d’assumer de partir dans un autre délire.
Au final, on assume quand même de poser du rap sur de la techno, avec des grosses distos de guitare. On le fait juste d’une manière différente. L’objectif, c’est d’aller plus loin que de gueuler des paroles révolutionnaires sur un gros kick.
Combien êtes-vous sur scène ?
Nous sommes cinq : un DJ, un guitariste, et trois chanteurs. Nous avons aussi notre ingé-son. Et parfois, un vidéaste et photographe !

Vous aviez déjà une idée de l’orientation musicale du projet, avant de commencer à composer ?
En vrai pas du tout ! Hors « Shock ! », deux potes d’enfance qui font du son ensemble depuis longtemps ont rejoint le groupe. Ils étaient dans un délire punk mais pas vraiment comme nous. Cela s’est fait naturellement. Cela ne pouvait que sonner différemment.
En même temps, il était impossible de faire abstraction du travail de « Shock ! ». On peut aussi voir « Shlag Division » comme une suite de ce premier groupe…
Voyez-vous Shlag Division comme un projet directement relié à l’univers free party ? Le groupe est-il avant tout destiné à jouer en teuf ?
On ne le voit pas comme ça. C’est cool de sortir du cadre de la free party. Cela nous ferait chier de jouer uniquement en teuf. On aime jouer dans les bars, dans les salles… On aime croiser les publics. C’est chiant de rester dans un seul milieu.
C’est un peu compliqué de ramener un groupe en teuf. Il y énormément de contraintes techniques qui rendent le truc difficile. Les conditions sont souvent ghetto. La plupart du temps, on peut être déçus du son.


L’album arrive assez tard après la création du groupe. Pourquoi ?
On a sorti beaucoup d’EP et on a gardé les tracks qu’on préférait. On testait ce qu’on faisait en live pour voir l’effet des compos sur les gens.
On voulait surtout être sûrs de ce qu’on avait, avant de dépenser des sous dans un gros studio sur Rennes.
C’était une bonne expérience, mais au final on s’est rendus compte qu’on ne perdait pas au change en enregistrant en home studio…
Tu mets plus de temps. Mais en mettant plus de temps, tu fais de meilleurs morceaux. Tu peux à la fois être DIY, et carré. Et surtout, c’est moins cher !
En écoutant Par Zéro, on sent une double exigence dans l’album.
Celui de pouvoir être joué en live avec des instruments, mais aussi d’être apprécié en tant que tel en soirée. Vous êtes d’accord ?
On veut clairement que le vinyle puisse être joué dans des sets techno. C’est aussi pour ça qu’on voulait un mix très propre. Le son ne devait pas être trop synthétique non plus. Qu’on ne se dise pas que c’est un morceau totalement différent quand on le joue en concert. On aime cette marge d’erreur, ce côté live.

Un des éléments nouveaux dans vos morceaux, c’est la drum’n’bass !
Il y a des fans de crossbreed dans le groupe ! (Rires) C’est un sous genre de drum’n’bass sous stéroïdes, avec de grosses influences hardcore. On aime aussi la drumtek. On s’est tous un peu matrixés là-dessus, pour se rendre compte qu’on appréciait aussi le faire.
C’était un challenge de poser dessus ! Les placements ne sont pas les mêmes, c’est moins binaire comme rythmique. Tu n’as pas le kick sur tous les temps. Disons qu’il y a eu pas mal de faux départs (Rires).
La cover de l’album est très belle, mais l’esthétique tranche vraiment avec vos précédents visuels ! C’est assez urbain, froid et so(m)bre, genre pochette de cold-wave.
La vérité, c’est que ce n’était pas vraiment un choix ! (Rires) On est nazes dans les délires visuels. On a laissé carte blanche à des copines à nous qui sont hyper fortes en dessin (Sabaku no tako & Aroney Raleh). Elle nous ont fait plusieurs propositions et on a validé celle-là, car on la trouve super stylée. Il y a un côté un peu hors-sujet, je capte ce que tu veux dire.
Il y a un vrai parti pris, même si c’est inattendu pour un album de Shlag Division.
Pour moi il y a quelque chose qui résonne totalement avec la noirceur des textes.
Vous avez mis en place un système de préventes pour le disque. Cela a fonctionné ?
Ça l’a fait ! Suffisamment pour payer l’enregistrement et le pressage.

Le soutien de votre communauté paraît essentielle. Vous arriveriez à la définir ?
Alors là, on avait le formulaire de prévente sur Helloasso avec quelques infos, dont les dates de naissance ! Il y a beaucoup de jeunes, et très peu de gens entre 35 et 50 balais. Par contre, ça nous a surpris, mais pas mal de personnes avaient plus de 60 ans !(Rires)
Des vieux punks et de jeunes teufeurs on va dire ! (Rires)
C’est en particulier grâce à cette communauté solide que vous trouvez vos dates ?
On a la chance de fréquenter des gens qui organisent des soirées. On baigne dans ce milieu là depuis pas mal de temps. A force, cela fait un gros réseau. On a peut-être plus de facilités de ce côté-là que pour d’autres.
Il faut dire aussi que le groupe s’organise autour du collectif SHK sound system. Le délire d’orga est vraiment inhérent à notre fonctionnement. On connaît ces réalités, on a la capacité d’être indépendants.

Vous avez relevé des différences au niveau de la réception du public, par rapport à votre ancien groupe ?
La plupart des potes préfèrent Shock ! (Rires) Peut-être que ça leur évoque des souvenirs, une période qui les a marqués… En tout cas, on nous demande encore régulièrement des anciens morceaux lors des concerts.
Et ceux qui ne connaissaient pas Shock ! préfèrent Shlag Division. Avant, c’était plus punk et moins techno. C’est peut-être là ou se situe la différence. A l’époque on faisait avec les moyens du bord. On ne savait pas vraiment faire de la techno.
Quels sont les morceaux qui fonctionnent le mieux en live ?
Comme souvent, les morceaux lents ont l’air de moins fonctionner… Les sons drum’n’bass marchent bien on dirait !
En vrai, c’est dur d’avoir du recul là-dessus.
Quels sont vos objectifs pour cette année ?
Faire en sorte de défendre l’album le plus possible. Créer de nouveaux morceaux au coup par coup en allant beaucoup plus loin sur le mixage. On voudrait aussi intégrer de nouvelles parties guitare !

Un dernier mot ?
Un gros big up à toutes les personne qui suivent et soutiennent ! Merci aux gens qui nous ont fait jouer ! Contactez-nous si vous voulez qu’on vienne chez vous !
