Dead Heat – World at war (2021)

(Crossover thrash)Label Triple B records

Dans la famille des groupes de hardcore actuels sur-biberonnés à la Bay Area, je demande : le neveu turbulent. J’ai nommé Dead Heat. Après nous avoir bien cloués les chicots avant dans la table basse avec leur premier album Certain Death (2019) nos thrashos on ne peut plus Californiens et fiers, entretenant avec une certaine foi en l’étiquette « nardcore » reviennent à la charge avec un second album au nom ridiculement efficace de World At War. | Par Nino Futur

L’ambiance y est définitivement retro, pensez la doublette Exodus/Testament abrutie par l’écoute répétée de crossover de type Ill Repute et autres Municipal Waste et vous obtiendrez la B.O. parfaite d’un jeu vidéo douteux et cheap à base de zombies gerbeur de complot nucléaire. Quelque part entre une ambiance de guerre retro façon Invasion Los Angeles et ses synthés Carpeterisants y  apparaissant en filigrane, c’est au-delà de l’apparat et de l’habillage que Dead Heat nous fait pour le peu tomber la bouche.


Les riffs, tout simplement. Pour tout bon écouteur de thrash qui se respecte, le riff doit être apprécié à sa juste valeur et sur ce terrain là Dead Heat n’est clairement pas à la rue. Qu’ils soient tordus, groovys, abrutissants, slayerisants, référencés, tout le monde est censé en avoir pour son compte.


De la solidité proche du parpaing sur « 2 cents » au groove malicieux et rampant de « World at war » tout en passant par l’ambiance guerre éclair sur « Pay the toll » on ne peut que souhaiter à nos dignes héritiers californiens de passer un coup de bulldozer dans le plus de clubs possibles. Rendant hommage tout autant aux incontournables Excel ou encore Suicidal Tendencies (on notera les clins d’œil plus qu’insistants à ces derniers sur « Age of DH » ) qu’aux groupes plus actuels type Mizery ou Municipal Waste, la recette hardcore crossover semble prendre comme il faut.


Une fois de plus, derrière les meilleurs des mauvais tours en matière de méchanceté au teint punk, on y retrouve el famoso Taylor Young (Twicthing Tongues, Nails) au manettes pour nous signer une prod redoutablement efficace autant sur son côté vintage qu’actualisée.


En bref, encore un album redoublant d’efficacité qui suinte le pseudo mauvais goût, les références de série Z, et l’esprit à la Californienne, à ranger aux côté du California Cursed de Drain et Radioactive intervention de DR living Dead.

Très peu étonnant qu’un label de la trempe de Triple B et son museau au flair affûté pour les groupes certes peu philosophes mais efficaces ait décidé de sortir cette ogive thrash.

Mention honorable à l’artwork magnifiquement dégueulasse, dont je ne sais toujours pas quoi en penser mais qui pour le coup ne trompe pas sur la marchandise.

« Why wait around for this world to burn When we can burn it down instead? »