OvO Miasma

Noise Metal – Ravenna

La claque fait d’autant plus mal quand elle arrive par surprise. Nous, on était cool à la base. C’était un dimanche soir aux Pavillons Sauvages à Toulouse. Il pleuvait, il faisait froid. On était limite prêts à commander une infusion au bar! À peine les portes franchies, un binôme originaire d’Italie nous emmena brutalement dans les flammes de l’enfer. Oubliée la verveine. Mardi, lundi, jeudi, dimanche, mais qu’est-ce qu’on s’en cogne ? On a ressorti la flasque illico. | Par Polka B

Histoire d’être un peu stylés, stylo à la main et lunettes au bout du nez, on pourrait vous dire qu’OvO propose une musique radicale savamment orchestrée entre les genres noise, doom, drone, sludge industriel, lorgnant par endroits vers la musique expérimentale.

Seulement, on ne l’a pas du tout vécu comme ça. Pour être clair, toute tentative d’intellectualisation risquerait de nous mettre totalement à côté de la plaque. La musique d’OvO est tribale. Émotionnel, brut et implacable, leur son remue les tripes. Ce n’est pas notre cerveau qui est mobilisé mais nos sens dans leur globalité. 

On vous disait qu’après avoir franchi les portes, un souffle de fréquences aiguës nous avait contracté les tympans.

En se frayant un chemin, on avait découvert les responsables de tout ce boucan. Sur la gauche de la scène, un batteur baraqué au calme olympien (Bruno) plaquait une rythmique martiale tel un joueur de tambour motivant ses troupes avant la bataille

Sur son visage, des peintures aborigènes renforçaient l’aspect solennel de la scène, sous des airs de cérémonie maori. À sa droite, telle une grande prêtresse, la chanteuse (Stefania) éructait des incantations occultes, d’une voix fantomatique soutenue par la distorsion de riffs sauvagement plaqués sur le manche de sa guitare. Réverb’ monstrueuse, sons futuristes tout droits sortis d’une batterie électronique, et martèlement épiques typés musique industrielle.

Minute après minute, les mélodies se mêlaient à une saturation extrême. Construits autour de loop hypnotiques, les morceaux d’OvO tissaient doucement leur toile, emprisonnant pour de bon l’âme des spectateurs présents dans la salle. C’était assez étrange.

Tandis que le crissement des fréquences sonores atteignaient un niveau de décibels rarement atteint dans cette salle (c’est dire), l’atmosphère globale était plutôt au recueillement.
Un silence de cathédrale dans le bordel ambiant.

Certaines âmes musicalement sensibles auraient pu trouver ça glauque, mais Stefania maintenait un sourire lumineux tout au long du concert.

Une fois logés dans la « capsule OvO », nous avions tout le loisir de l’analyse. Chargées en texture sonore, les compositions restaient assez minimalistes. Abruptes au premier abord, elles prenaient le temps d’envelopper l’auditeur afin de le mener dans une transe collective, mimant la construction d’un set de musique électronique.

Pour finir cette fresque sonore d’une heure, le duo entonna le morceau « Miasma ». Une valse apocalyptique aussi funèbre que glaçante nous ayant définitivement convaincus d’une chose : il fallait absolument acheter cet album.

Encore un peu groggy, nous avons discuté avec Stefania et Bruno au moment de nous procurer le précieux sésame. Les OvO tournent depuis 20 ans… et Miasma n’est autre que leur neuvième album studio ! Une découverte assez logique, une telle maîtrise d’un univers sonore si bien défini ne devant rien au hasard. On vous conseille de jeter une oreille à leur discographie, et (surtout) de les voir en live !